Forum Créole !


Kiproko Kolonial
De : Maronèr
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Pays : La Rényon
Date : 18 Apr 2005


Je vais vous raconter une histoire vraie qui m'a été rapporté, c'est en fait un vague souvenir qui date de l'année dernière, ce qui veut dire que se sera obligatoirement déformé, alors je vais volontairement la romancer, le but est de souligner précisément la dérive de notre système coloniale qui accuse à tort le réunionnais chez lui.

Il était une fois deux gramouns, qui s'étaient disputés pour une histoire x et ils en sont venus aux mains cela est courant malheureusement chez nous, il n'y a qu'à ouvrir la page des faits divers des journaux locaux. Enfin bref, ils ont fini tous les deux devant le tribunal colonial, l'un est victime l'autre est coupable. La victime est devenue coupable et le coupable est devenu victime. La situation a été inversée suite a un quiproquo colonial. Cela nous aurait fait probablement rire dans une pièce de théâtre mais quand le théâtre est réel, on se pose de réelles questions. Les deux protagonistes ne parlent uniquement leur langue maternelle celle de leur ancêtre. C'est à dire pour nous Réunionnais : le créole.

Cependant si vous êtes réunionnais n'ayez jamais le malheur de vous exprimé en créole avec un juge colonial, cela vous sera définitivement fatal et vous allez regretter de ne pas être bilingue. Après avoir pris connaissance des différents faits le juge colonial interroge, la victime. Que c'est-il passé ? bla, bla, bla ..... et la victime dit : moin la anpar à moin. Qu'est ce que vous dites ? Oui, moin la anpar a moin, lu la tap a moin ek un boi. Vous vous êtes emparé de quoi ? non moin la anpar a moin dit aou ; Pourquoi, vous la frappé avec un morceau de bois ? Pourriez-vous m'expliquer ? Cé pa sa mi di aou , moin la anpar a moin kan lu té vé tap a moin. Et le gramoun insiste, panique et comprend son désarroi, et ce qu'il se passe, en s'enlisant dans une voie sans issus, puisque le réel coupable se défendait également en enfonçant la victime. Si le gramoun était désarmé, était victime de son kosé, et d'être lui-même, le juge colonial s'enfonçait également dans son ignorance qui finira par pénaliser à tort la victime devenue coupable. Si le juge colonial ne comprend pas le créole, le gramoun comprend très bien la langue coloniale, cependant il ne la parle pas, et les mots français ne lui viennent pas à l'esprit pour se défendre puisqu'il ne parle pas cette la langue. Voici donc l'énigme : Que s'est-il réellement passé ? Qu'est ce qu'il lui a valu 6 mois de prisons avec sursis ?

Une histoire créole banale parmis d’autre passée dans les oubliettes et qui n'intéressera jamais personne. Enfin, on pourrait quand même se poser la question depuis combien de temps cela dure ? Est-ce que ce genre de quiproquo est fréquent dans la société réunionnaise : école, administration, institution, commerce, gendarmerie... Bien que cela ne finisse pas toujours heureusement dans une situation extrême, est ce que cela ne contribue pas à créer des conflits qui n'ont pas lieu d'être et de diminuer le réunionnais chez lui, si a chaque fois il finit à genoux et perdant de plus il y encore énormément de réunionnais illétrés (…) qui ne parle le français.

Mon péi bato fou ou sa banna y rale anou ?

Restons kréol, Maronèr


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